L'amour est le premier pas vers le suicide!
Le monde du sans effort frappe a nos portes. Le temps de la transpiration est révolu, des laboratoires pharmaceutiques l’ont envoyé aux méandres de l’histoire. Les femmes ne courent plus pour mincir, on n’a plus besoin de yoga pour déstresser, plus besoin de désir pour bander, des pilules s’occupent maintenant de tout, déjà qu’elles nous empêchaient d’avoir des enfants. Tu n’as plus besoin de développer des discours de longues heures pour qu’une belle femme te fasse atteindre ton orgasme en quelques minutes, la pilule du viol vient a la rescousse de ces quelques blaireaux mal inspirés, à l’évidence le monde avance, à l’évidence dans le mauvais sens. La recherche du bonheur est quelque chose de malheureux. On commence par l’amour, d’ailleurs tout commence par l’amour, l’espoir, le désespoir, la joie, la détresse et puis l’hypocrisie, cette existence parallèle qu’on assume et qui nous mène au gouffre, tout commence donc, par l’amour, la vie, la mort, une surdose d’amour qui mène vers une surdose de cocaïne, Brice a connu les deux, c’est ce que venait de me répéter le médecin au téléphone. En cherchant l’inspiration, les mots de l’amour, ce qu’il voulait écrire, ce qu’il voulait croire, il ne pouvait remplir sa page d’idée noire, alors il a pris de la blanche, plusieurs fois de suite, cherchant les idées positives, mais le destin est assassin, en le forçant, on peut arriver a son bout et y aller plus rapidement.
C’est à bord de mon vieux 4x4 que je pars à sa rencontre, le dégoût au volant, les roues qui grondent, Elisa qui se tait, larmes sous les yeux, des poches de résistances gros comme ça et ses mains qui tremblent. De temps en temps, je lui mets ma main sur les joues, un réconfort de l’instant, une sorte de compréhension, le reste du temps, je pense a Brice, avec le cœur qui conduit, et le temps qui se bat. L’insomnie de la veille est palpable, mes yeux trébuchent, mon corps est froid. Deux pages qu’il a pu remplir, deux pages, un début difficile, deux pages d’inspiration, quelques mots pour elle. Je fais lire ça à Elisa, elle aime, ça a l’effet d’un expresso qui réveille, les écrits prennent du poids dans sa vie. Elisa me demande un stylo, elle veut écrire quelque chose, Elisa est touchée par la maladie de Brice, l’écriture c’est contagieux. Elle pose la bille sur le papier, puis respire. Je la regarde hésiter, les mots qui ne viennent pas, le stylo qui s’impatiente, le cœur qui bat, ses yeux me fixent, je vois dedans quelque chose de Brice, il y a quelques jours, des idées qui émergent mais pas le métier de les traduire. Elle sourit, je comprends qu’elle a trouvé une idée, je lui entoure la main avec force, des encouragements pour cette femme qui me rappelle cette envie d’écrire la première fois. Une passion commune avec des jours qui les séparent. Elle écrit une phrase, une seule puis s’arrête, elle a écrit quelque chose d’important, la plus grande décision de sa vie, écrire un état d’âme, un sentiment du moment, un background étalé sur une phrase, une phrase très courte, peut être qu’elle a le talent de savoir résumer sa vie en quelques mots. Elle m’offre le papier, elle me le met dans ma poche, je suis entrain de conduire, et je ne découvrirai ce premier pas dans l’écriture que plus tard, Elisa continue à se taire, elle vient d’écrire des mots qui parleront pour elle.
L’hôpital est triste, malgré les rares naissances enregistrées, malgré ces quelques vagins dilatés qui donnent vie a quelques petits être qui connaîtront le malheur un jour. Brice est allongé avec des tuyaux pour le garder en vie, et des yeux fermés pour ne pas voir la douleur en face, Elisa qui fond en larme, j’essaye de la contenir mais un homme est toujours plus faible que les sentiments d’une femme. Un homme est un incapable qui a le mérite de ne pas le reconnaître. Brice est sous respiration artificielle, des tuyaux pour le garder en vie, des tuyaux avec de l’air dedans. Il est présent et ailleurs, dans son sommeil profond, personne ne peut le déranger, quand on ferme les yeux, la vie perd de sa valeur. C’est le générique de la fin qui apparaît, le tableau noir avec des noms qui montent. Les amours passés, sa première fois, le premier baiser a Elisa, , les idées qui sortent, les idées qui s’embrassent. Il se regarde, dans ce monde ou les histoires qui défilent, ses premiers amours et ses randonnées in terminables, ses études ratés et ses rendez vous manqués, et puis, cette façon chez lui de cultiver l’instabilité, comme un rouleau qui se déroule, jusqu'à la fin de ses jours. Il se pose des questions sur son passé, les enguelades d’un soir, le retour le lendemain, sa façon de présenter des excuses, et d’autres d’oublier. Ses mains sur son coeur, cette fois ci, il se regarde accoucher, de quelques douloureux souvenirs, la première tromperie, une fois, à son retour, la blancheur des draps avait un goût inconnu, l’odeur de quelqu’un d’autre sur le lit de son amour, ensuite, sa façon de fuir, le premier verre au bar du coin, les deux derniers chez lui, une cigarette plein de tristesse dans la main, le souffle qu’il crache, son regard vers la rue, et le jour qui commence, ensuite, le doute qui s’installe, sa première crise d’angoisse, le malheur qui devient palpable, son premier temesta, le sommeil qui s’éloigne avec des yeux ouvert pour le regarder partir.
Puis Il pense à l’enfant qu’il voulait avoir, l’enfant qu’il était, ses cadeaux de noël, puis plus tard, ceux de la saint valentin, le goût de l’alcool, la passion du texte, sa folie pour les femmes, une lueur qui apparaît, une lueur a toucher, sa main qui essaye, il respire et il tente, les tuyaux aidant, les tuyaux ont parfois de la poésie dans leurs veines, il retient son souffle, une eau coule, une eau salée, son goût sur ses lèvres, ses yeux qui s’ouvrent, sa main sur la joue d’Elisa et des larmes qui tombent. C’est au sourire du médecin que j’ai compris que Brice est sauvé, Brice est de retour, je vois en lui la mort qui s’éloigne et ce fil sur lequel on tient, je vois toute une vie passée a faire le pitre, une vie a narguer l’essentiel, comme si il m’avait jamais convoité, alors que je continuais a avancer dans cette existence a tambour battant, sans faire de bruit. Parfois, on se combat contre l’irréel, pour le fantasme, même si on se rend compte que la vie n’est pas tout le temps de notre cote, la vie est une petite merde qui nous mène par le bout de nez. La vie est une image de tres mauvaise qualité. Je m’éloigne puis je retourne le voir, je le vois revenir de loin, il m’esquisse un sourire, je me souviens de mes premières vraies discussions avec lui, sa barbe mal rasé, son élégance qui donnait cette impression qu’il volait, les longs monologues qu’il développait, parfois, je l’écoutais, d’autre, je faisais semblant, Brice pouvait parler des heures de son amour pour Elisa, cette femme qui l’a rendu heureuse mais qu’il a trompé, Brice est un amoureux qui a rompu pour ne pas la faire souffrir, il fait partie de ces rares personnes qui savent aimer. Je l’ai vu essayer d’écrire, je l’ai vu croire en des mots a tel point qu’en lisant un beau texte il était capable de pleurer, il savait aussi verser des larmes. Je sais maintenant qu’il revient, je mets mes mains dans ma poche, et je sors le mot d’Elisa, cette petite phrase magique, ce secret de polichinelle qu’elle s’est gardée pour elle pendant très longtemps. Elisa a écrit un mot d’amour, elle a marqué ceci « Brice, je t’aime », parfois, à un moment précis, il suffit pour une novice une seule phrase pour faire d’elle un grand écrivain.

5 Comments:
Beaucoup de mélancolie dans ce texte qui m'a renvoyé vers ma propre souffrance que tu as si agréablement décrit:" la vie n’est pas tout le temps de notre cote, la vie est une petite merde qui nous mène par le bout de nez. La vie est une image de tres mauvaise qualité"
J'en pleure même........
Une mode féminine originale
Vous avez un blog très agréable et je l'aime, je vais placer un lien de retour à lui dans un de mon blogs qui égale votre contenu. Il peut prendre quelques jours mais je ferai besure pour poster un nouveau commentaire avec le lien arrière.
Merci pour est un bon blogger.
benn!! je sais vraiment pas quoi dire,tellement j'ai aimée,je l'ai relis plusieurs fois,j'ai meme trop aimée ton sens d'appartenance a cet histoire,a peine on sent ta présence mais elle est réelle,on dirait un ange gardien,t'es là que pour faire du bien...aider Brice pour s'en sortir et tu l'as bien fait en lui rammenant Elisa.comme t'as dis il suffit pour une simple notice qui dis "je t'aime" de changer le reste d'une vie.Bravo,c'est vraiment Nikel en lisant ça j'ai eu l'impression de lire un roman de 500 pages,même si ton histoite est petite de taille mais elle est lourde a travers les sensations et les caractères qu'elle degage........
bonne continuation
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